Afrique. Ces multinationales qui menacent les agriculteurs

Fric-Afrique avec L'expansion | lundi 19 juin 2017 11:19

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L’agriculture paysanne familiale en Afrique subsaharienne représente 70/% de l’emploi, 40/% des exportations de marchandises et nourrit 80/% de la population. I. Sanogo/AFP

Présentés comme la solution pour lutter contre la faim, les pôles de croissance agricoles, ces partenariats entre États et investisseurs privés, aggravent l’insécurité alimentaire des populations.

Ce qui profite aux uns ne nourrit pas les autres. Tel est le constat fait par Action contre la faim, le CCFD-Terre solidaire et Oxfam France, dans un rapport publié à l’occasion de la conférence du G20 sur le partenariat avec l’Afrique, qui se tient aujourd’hui et demain à Berlin. Pour les ONG, le développement de l’agriculture via des pôles de croissance – des partenariats entre pouvoirs publics et investisseurs privés – hypothèque l’avenir des petits agriculteurs et menace la sécurité alimentaire des populations.

Pour comprendre la situation, il faut remonter au milieu des années 2000. Alors que 20 % de la population d’Afrique subsaharienne souffre de la faim, des initiatives internationales se multiplient pour lutter contre ce fléau. Les États africains et les banques de développement décident de promouvoir une approche agricole centrée sur les investissements privés. Cette dynamique est incarnée par les « pôles de croissance » : « Il s’agit de larges zones agricoles, à fort potentiel, exploitées par des multinationales privées, qui bénéficient de réductions fiscales ou d’exonérations douanières », résume Peggy Pascal, chargée de plaidoyer sécurité alimentaire au sein de l’ONG Action contre la faim. Sauf que cette agriculture industrielle que l’on prône creuse les inégalités, entre en concurrence avec l’agriculture locale, tout en accentuant le changement climatique, révèle ainsi ce rapport.

Ainsi, les agriculteurs qui exploitent les terres concernées sont bien souvent contraints de partir, sans indemnisation adéquate, ou alors de travailler pour des salaires de misère. « C’est le cas au Burkina, où le pôle de Bagré, projet phare de la Nasan (Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition) est à l’origine de l’expulsion de plusieurs milliers de paysans », précisent les associations. Ce qui met en danger l’autonomie des populations locales. « Cet investissement est déconnecté des terroirs. Ces multinationales viennent en effet produire des cultures qui ne bénéficient pas aux populations locales. L’exemple du riz chinois est édifiant : de grandes entreprises asiatiques se sont implantées pour produire du riz chinois. Au final, il est vendu moins cher que le riz local », illustre Peggy Pascal.

Les ONG appellent les pays développés à « la responsabilité »

« Avec des régimes douaniers et fiscaux particulièrement avantageux, destinés à attirer les investisseurs privés, ces pôles de croissance ont vocation à devenir de véritables “paradis fiscaux”, explique pour sa part Maureen Jorand, du CCFD-Terre solidaire. Ces avantages créent à court terme une concurrence déloyale entre multinationales et petits producteurs. À moyen terme, ce sont autant de ressources qui échappent aux États africains, minant leurs capacités à investir eux-mêmes dans l’agriculture pour nourrir leur population. »

« L’approche par les pôles de croissance agricoles n’est basée que sur l’urgence de produire plus, d’investir toujours davantage et de moderniser à tout prix, renchérit la chargée de plaidoyer d’Action contre la faim. Sauf que ce n’est pas en produisant plus que nous réglerons le problème de la faim, et surtout pas en écartant les petits agriculteurs locaux. »

Rappelant que l’agriculture paysanne familiale en Afrique subsaharienne représente 70 % de l’emploi, 40 % des exportations de marchandises, 33 % du PIB et qu’elle nourrit 80 % de la population, les ONG appellent les pays développés à « la responsabilité ». Et demandent aux États du G20 et aux bailleurs, en particulier les agences de développement comme l’AFD en France, de « cesser leur soutien au développement des pôles de croissance agricoles en Afrique ». « On appelle les gouvernements à être cohérents entre ce qu’ils prônent et les investissements qu’ils soutiennent. Oui, il faut de l’investissement privé en Afrique, mais il faut aussi développer l’agriculture familiale. Et ne pas utiliser l’alibi de la lutte contre la faim pour expulser les agriculteurs », assène Peggy Pascal, posant la question : « Quel modèle agricole voulons-nous pour nourrir le monde ? »

ALEXANDRA CHAIGNON

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