Football : pourquoi le prix des joueurs explose ?

Fric-Afrique avec Boursorama | jeudi 21 septembre 2017 10:58

Cet été, le Paris Saint-Germain s'est offert deux des footballeurs les plus convoités du moment pour un montant dépassant le 400 millions d'euros. Mais aussi fou que cela puisse paraître, le club de la capitale pourrait bien s'y retrouver sur le plan financier.

Le mercato d’été 2017 marque un tournant dans l’histoire du football. Jamais les clubs des cinq grands championnats européens n’avaient dépensé autant d’argent pour renforcer leurs effectifs. Si l’exemple le plus marquant est celui de Neymar, arraché au Barça par le Paris Saint-Germain qui n’a pas hésité à débourser les 222 millions d’euros de sa clause libératoire, il ne s’agit pas d’un cas isolé. Les pépites françaises Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé ont également affolé les compteurs. Le record de Paul Pogba, vendu 105 millions d’euros à Manchester United l’an dernier, n’aura tenu qu’un an. Mais au fait, qu’est-ce qui explique la flambée du prix des footballeurs ?

Des revenus en hausse grâce à la mondialisation du foot

Pour tous les experts du sport business, l’inflation du prix des transferts est une conséquence directe de la mondialisation du football. Il y a encore quelques années, des marchés tels que l’Asie restaient sous-exploités. Mais aujourd’hui, les grands clubs ont largement comblé leur déficit de popularité dans ces régions à coups d’opérations séduction et de tournées d’été. La conséquence directe de cette universalisation du ballon rond est l’élargissement de l’audience des grands championnats européens. Cela entraîne une augmentation significative des droits télévisés dans les pays concernés. Résultat : les clubs du « big five » enregistrent des recettes en hausse qui leur permettent de gonfler leur budget.

Cette manne d’argent frais a logiquement attisé la convoitise de nouveaux acteurs étrangers fortunés. Qu’ils viennent de Russie, de Chine ou des Pays du Golfe, ils n’hésitent pas à dépenser des sommes folles pour s’offrir une équipe et obtenir des résultats rapidement. Tout cela a également dopé le sponsoring, qui profite aux joueurs mais aussi aux clubs. Outre les logos sur les maillots, les clubs n’hésitent plus à baptiser leur stade du nom d’une marque contre un gros chèque. On pense notamment à l’Allianz Riviera pour l’enceinte de l’OGC Nice ou à l’Emirates Stadium pour celle d’Arsenal. Tout ceci explique qu’aujourd’hui, des clubs peuvent débourser des montants hallucinants pour acheter des joueurs tout en s’y retrouvant sur le plan sportif comme financier.

Neymar, un cas d’école

L’augmentation des droits télévisés et des revenus tirés du sponsoring n’explique pas à elle seule les montants à neuf chiffres déboursés pour certains joueurs. Lorsqu’un club se positionne sur un joueur, il a d’abord analysé ses performances et le nombre d’années de contrat qu’il lui reste, mais aussi son potentiel économique.

Pour comprendre, il suffit de se pencher sur le cas Neymar. Le PSG a dépensé 222 millions d’euros pour s’offrir la star brésilienne, qui a déjà démontré qu’elle pouvait apporter beaucoup à l’équipe sur le plan sportif. Mais surtout, celui qui est considéré comme le 3e meilleur joueur du monde derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi est une marque à lui tout seul. Il compte près de 33 millions de followers sur Twitter, 61 millions de fans sur Facebook et plus de 80 millions d’abonnés sur Instagram. Autant dire que son pouvoir d’influence est énorme, ce qui se répercute sur sa valeur marketing et donc son prix. Son nom, associé au PSG et à la ville de Paris, forme un combo gagnant pour le club en termes de notoriété. À lui seul, il peut booster les ventes de maillots et de produits dérivés, et faire passer le club dans une autre dimension. Quant aux jeunes joueurs comme Mbappé et Dembélé, leur valeur devrait logiquement augmenter s’ils poursuivent leur progression au plus haut niveau. Avec un marché en pleine croissance, les clubs peuvent donc espérer une plus-value à la revente sur ce type d’investissement.

Enfin, il faut souligner que le fair-play financier participe de cette inflation des prix, aussi paradoxal que ça puisse paraître. En effet, depuis sa mise en place, les clubs sont contraints de rationaliser leur comptabilité pour équilibrer leurs recettes et leurs dépenses. Finies les coups de folie, ils cherchent désormais à optimiser leurs profits afin de pouvoir engranger plus d’argent. Une manne qui sera ensuite réinjectée sur le marché des transferts. On comprend donc pourquoi miser 222 millions d’euros sur un joueur comme Neymar peut s’avérer un bon placement… surtout si le PSG venait à remporter la Ligue des champions. Mais ça, c’est pas gagné.

GUILLAUME HUAULT DUPUY

Boursorama     

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